La fête du football au Maroc aborde les quarts de finale à partir de ce vendredi 9 janvier. Pour le choc entre le pays hôte, le Maroc, et les Lions indomptables du Cameroun, le journaliste français Frank Simon (2022mag) a accepté de livrer à la rédaction de FootGabon son regard sur cette affiche très attendue.
Un Maroc sous pression, attendu au tournant
Pays organisateur et demi-finaliste du dernier Mondial, le Maroc avance avec une obligation de résultat qui pèse sur ses épaules. Frank Simon souligne une attente populaire et institutionnelle considérable, accentuée par l’échec de la précédente CAN, conclue par une élimination précoce. « Pour ce quart de finale, la pression est maximale sur les épaules des Lions de l’Atlas forcément. C’est le pays hôte, demi-finaliste de Coupe du monde, c’est un pays qui a raté la dernière Coupe d’Afrique des nations en Côte d’Ivoire en étant éliminé dès les huitièmes de finale. Naturellement, il y a une attente maximale de la part du public et certainement aussi des autorités marocaines », fait-il remarquer.
Brahim Diaz, l’arme maîtresse d’un Maroc encore peu flamboyant
Sur le plan du jeu, le journaliste estime que les Lions de l’Atlas n’ont pas, jusqu’ici, pleinement convaincu. Selon lui, le Maroc a surtout reposé sur deux individualités capables de faire basculer un match : Ayoub El Kaabi et Brahim Diaz, présenté comme le facteur X. « On ne peut pas dire que le Maroc ait fait une grande démonstration de son football lors du premier tour. Dans ce tournoi, on a surtout vu deux joueurs majeurs : Ayoub El Kaabi et puis Brahim Diaz qui est celui qui les a délivrés contre la Tanzanie en huitièmes de finale », observe-t-il. Avant de trancher : « C’est le facteur X de l’équipe, mais le Maroc n’a pas, pour l’instant, démontré qu’il est la meilleure équipe de cette CAN. »
Un Cameroun rajeuni, décomplexé et difficile à cerner
En face, le Cameroun arrive avec un visage inattendu : un groupe rajeuni, sans star affirmée, mais porté par une dynamique de jeu et une motivation collective. Frank Simon insiste sur l’effet du nouvel encadrement technique et sur la rapidité avec laquelle ce groupe a trouvé une identité. « Ils sont arrivés avec un nouvel encadrement technique. (…) Un effectif rajeuni, renouvelé, décomplexé. Et très, très vite, on s’est aperçu que cette jeune classe sans véritable vedette a trouvé le “Hamlet” », avertit-il. Il établit même un parallèle avec l’épopée de 2017 : « On a vu des choses très intéressantes (…) qui m’a rappelé l’équipe sans vedette de 2017 qui est allée au bout au Gabon en remportant la CAN. »
Un quart ouvert, où l’exploit camerounais n’est pas exclu
Pour le journaliste, le Cameroun a les moyens de surprendre si le Maroc ne hausse pas son niveau et ne s’appuie pas sur ses cadres offensifs. L’absence de pression côté camerounais, combinée à un jeu jugé séduisant, peut rendre la rencontre plus piégeuse qu’attendu pour le pays hôte. « C’est un Cameroun qui est plaisant à voir évoluer, qui est venu sans pression et qui incarne un renouveau », estime Frank Simon. Et de prévenir : « L’exploit camerounais n’est pas impossible. Il va falloir du très grand El Kaabi, du très grand Brahim Diaz pour faire chuter ce Cameroun-là. »